Invoque les dernières volutes de nos corps usés...

Invoque la soumission trop tôt jadis, passée...

Invoque le satin de nos prières écorc(h)ées...

Invoque la foudre de nos souffles trop courts...

Invoque la folie de nos angles déjà morts...

Invoque la moiteur de nos éclats de voix...

Invoque la douleur de nos aléas, jacta est...

Invoque le parfum de nos illusions perdues...

Invoque la solitude des nos heures égarées...

Invoque l'arrogance de nos foulards noués...

Invoque l'insouciance de nos espoirs encore vivants...

 

Provoque mes lèvres rosées des matins...

Provoque mon cou si tiède de la nuit...

Provoque mes seins cerclés d'envie...

Provoque mes mains décharnées de caresses...

Provoque mes yeux trop peu d'être deux...

Provoque mes hanches affranchies de conscience...

Provoque ma peau cisaillée de promesses...

Provoque mes jambes encore tremblantes...

Provoque mes doigts qui trop souvent courts...

Provoque ma nuque harcelée de non dits...

Provoque mes reins brûlants de défendu...

 

Disloque tes chimères oniriques...

Disloque tes cauchemars ternes d'hier...

Disloque tes peurs chevillées à ton âme...

Disloque tes mots trop souvent confondus...

Disloque tes angoisses animées de souvenirs...

Disloque tes hésitations sabrées de demain...

Disloque tes erreurs d'avoir trop vécu...

Disloque ce que je ne peux aimer de toi...

Disloque tes saisons qui tournent en rond...

Disloque ton chagrin enraciné d'amertume...

Disloque tes larmes lourdes d'avoir trop peu coulées...